Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


Uber, L.i.c.k, vertiges de l’amour

Publié par Stéphane Soumier sur 10 Novembre 2014, 11:27am

Qu’est-ce qui faut pas faire pour vous parler de la politique de l’offre. Parce qu’elle était partout présente ce matin, triomphante.

Je vous le dis franchement : la valorisation d’Uber est un mystère pour moi. Pas tant le chiffre brut, tel qu’il est maintenant donné par le Wall Street Journal (30 milliards de dollars), il y a longtemps que l’on ne cherche plus à comprendre les ratios de la net-économie, non, c'est simplement le fait que pas une seule des procédures judiciaires lancées partout dans le monde ne semble effrayer les investisseurs. Pourtant, Uber est poursuivi absolument partout, pour une raison ou pour une autre et semble avoir contre elle l’ensemble des compagnies de taxi et donc l’ensemble des municipalités, au moins de notre hémisphère.

L.i.c.k, c’est autre chose, c’est une leçon d’économie, donnée par un entrepreneur qui n’en est pas à son coup d’essai. Stéphane Bohbot avait compris il y a près de 10 ans que le portable deviendrait un objet si particulier que la fonction téléphone serait anecdotique. Ce fut l’aventure Modelabs, qui permit aux marques de s’offrir leur propre téléphone, avant le combat de titans Apple vs Samsung. Avec L.i.c.k, il se place à la naissance de la prochaine lame de fond, les objets connectés. Mais Stéphane Bohbot ne veut ni les concevoir ni les fabriquer, non, il veut les vendre. Vendre, cette alchimie magnifique qui transforme en croissance un désir insoupçonné

Uber, L.i.c.k, vertiges de l’amour

Et c’est bien là qu’Uber et Lick se rencontrent : la politique de l’offre. Si les investisseurs ne bronchent pas devant les menaces qui pèsent sur Uber, c’est qu’ils jugent que l’offre est telle qu’elle balaiera tout sur son passage. Appelez ça « la croissance pirate » si vous voulez, c’est l’entreprise qui par sa promesse aux consommateurs fera bouger les règles, triomphera des corporatismes, même si elle franchit systématiquement la ligne jaune. Une offre qui naît d’une insatisfaction généralisée devant les systèmes de transports urbains et s’organise autour d’une techno puissante et de chauffeurs qui ont partout maintenant besoin d’un deuxième, troisième boulot, quand ce n’est pas le premier. Vous remarquerez que la question du prix n’est pas toujours mise en avant, et même pas du tout à Paris, c’est la pénurie et la rétention de l’offre qui font craquer le système, coûte que coûte.

L.i.c.k c’est plus subtile. De l’érotisme. Il faut faire naître, susciter le désir, et alors, si l’on en croit Stéphane Bohbot, tout peut aller très vite, dès que les vendeurs font le job, mettent en scène, expliquent, valorisent, démontrent, le porte-monnaie s’ouvre, comme par enchantement. 17 boutiques aujourd’hui, 40% de croissance sur le dernier trimestre, pour des objets qui réinventent le quotidien, valent souvent largement de quoi nourrir une famille sur la semaine, et sont parfois parfaitement inutiles.

Mais ces objets portent de l’innovation, de l’investissement, des emplois qualifiés, et puis ils enchantent la vie. Le patron de Netatmo, Fred Potter, me disait même un jour qu’ils étaient la seule source de réel bonheur de nos sociétés à bout de souffle. Et on me parle de marketing, de société de consommation, d'obsolescence programmée et autres foutaises qui entretiennent la misère. Balayez moi ça, bon dieu, laissez vous faire!

La morale de nos petites histoires du jour ? L’offre ! Que l’on doute encore de sa puissance me fascine. « Let freedom ring… » disait l’autre, que l’offre triomphe !

Commenter cet article

Abraham 16/12/2014 13:39

Les pirates ces sont les corporatistes qui verrouillent le marché, ainsi que l'ensemble de leurs collabos, y compris médiatiques.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents