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Le blog de Stéphane Soumier

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Emmanuel Macron a-t-il la moindre chance?

Publié par Stéphane Soumier sur 7 Décembre 2014, 18:22pm

C’est la question que je me posais en lisant son discours du 15 octobre dernier. Drôle d’idée, vous allez me dire, j’en conviens, je ne sais pas ce qui m’a pris, mais une fois dedans je ne l’ai pas lâché, me demandant si l’on sera collectivement capables d’être au rendez vous

Emmanuel Macron a-t-il la moindre chance?

Parce que finalement ce sont des questions essentielles qui sont posées dans ce texte, mais c’est toujours pareil, on peut le balayer d’un revers de main, le considérer comme un exercice de style brillant mais sans lendemain.

Ou bien on peut le prendre au sérieux. Considérer que le problème de notre pays « ce n’est pas avant tout le système fiscal ou l’impatience de qui ou quoi, c’est d’abord un problème de défiance ». Dit autrement, est-ce que le problème c’est le poids des impôts (oui, évidemment) ou bien le manque de crédit total, absolu, de ceux qui les prélèvent ? Et une fois cette équation posée, comment la résoudre ? Avec le temps ? Pour la confiance je ne vois rien d’autre, or ce gouvernement n’en a plus beaucoup, donc la question trouve assez vite sa réponse : non, Emmanuel Macron n’a pas la moindre chance.

A moins que… à moins que l’on se mette à lire ce qu’il écrit : « mettre de la transparence partout (…) ne pas caricaturer les débats difficile, ne pas les hystériser »

Hystérie pourtant, ce qui se développe sur les professions du droit, les notaires par exemple. Très franchement c’est une histoire de fous. C’est quoi la réforme ? Constater qu’en certains endroits du territoire on manque de notaires, constater que les tarifs manquent parfois de transparence, constater que beaucoup de jeunes n’ont pas les moyens de s’installer du fait de règles anciennes. Rien de plus, rien de moins. Donc on propose de modifier certains règlements, et ça, c’est vu par la profession comme un attentat ? Jamais le ministre n’a émis l’idée de libéraliser un certain nombre d’actes, ce passage est d’ailleurs intéressant : « les exclusivités en termes d’actes authentiques et autres que les notaires détiennent, on ne les remettra pas en cause. Pourquoi ? Parce que personne ne m’a démontré l’efficacité d’une telle remise en cause ».

Qu’est-ce que j’aime cette phrase ! Voilà le guide du ministre : où est le problème ? Comment est-ce qu’on peut le résoudre ? Où est la limite d’efficacité ?

Vous allez me dire : mais on ne s’en fout pas un peu des notaires ?

Je vous répondrais : certes.

Un peu comme le travail du dimanche. Je ne veux pas dire que ce n’est pas un enjeu le travail du dimanche, simplement c’est un peu comme le développement des autocars, ou les prothèses auditives en vente libre, on n’a pas, comme ça, spontanément, le sentiment que ça va nous amener à 3 points de croissance. Alors quelle est la logique ?

La logique c’est d’agir là où on le peut et d’envoyer le signal que la réforme est possible. Et puis attendez : Les notaires, les professions du droit, les auto-écoles, les pharmacies, les autocars, le travail le dimanche, « dans les zones où cela a du sens », j’ajoute le travail le soir, la réforme des prud’hommes (65% des jugements partent en appel), l’épargne salariale, des dispositifs d’association au capital.

Je sais, on ne touche pas au vrais blocs de résistance : fiscalité, code du travail, temps de travail, statut des fonctionnaires (aucun problème si vous voulez rajouter la niche fiscale des journalistes) . Je sais ça n’enlève pas la pénibilité, la loi cessions d’entreprises, la dernière taxe sur les surfaces commerciales. Mais à un moment, il va bien falloir que l’on se décide à jouer le jeu, collectivement, « parce que réussir ne doit pas être une honte dans ce pays, ou un nirvana impossible. Parce que précisément on doit redonner accès à celles et ceux qui n’ont plus accès à certains pans de notre économie, à certains pans de notre territoire, à certains investissements dans notre économie. Et donc notre responsabilité c’est de restaurer une forme d’égalité des chances sur le plan économique, sur le terrain économique, et c’est ça l’esprit de cette loi »

Ce n’est pas parce que c’est dit sans mot ronflant que ça n’a pas beaucoup de sens. Mercredi prochain, tout cela va s’incarner dans un « Projet de loi pour l’activité et l’égalité des chances économiques ». Emmanuel Macron a-t-il la moindre chance de nous convaincre que c’est une étape importante ? A-t-il la moindre chance de nous entraîner ? Ou bien l'autorité de l'état est-elle à ce point cramée que plus un pas n'est possible?

Elle n’est pas médiocre la question de la semaine

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alainpietri 10/12/2014 10:34

Cela fait trop longtemps qu'au nom d'une soit-disante spécificité Française, nous avons "négligé" notre adaptation "obligée" à notre environnement (voisins) qui lui, évoluait à pleine vitesse.
Nous venons de passer une année 2014 très révélatrice de nos dysfonctionnements et inadéquation avec le contexte économique qui a déjà changé durablement (croissance intensive vs croissance extensive) et EN PLUS, des décisions de nos hommes politiques complètement déconnectés de ces réalités.
On commence à bouger !... Enfin !... C'est bien peu par rapport à ce qu'il devrait se passer, ma

Paul 08/12/2014 00:26

Oui, globalement je suis d'accord (et je bosse dans une profession réglementée)...
Mais comme vous le dites si bien : "on ne touche pas au vrai bloc de résistance".
Toucher aux notaires ne relancera pas le marché de l'immobilier, toucher au taxi ne, attendez on n'y touche pas. Toucher aux retraites des fonctionnaires pourrait baisser le coût global des prélèvements, ou est cette réforme, qui la porte, qui en parle ...

Ce gouvernement est à l'image de ces prédécesseurs (rendons leur cette "justice") et aussi de ceux qui le suivrons (j'en ai peur). Paralysé par une logique à court terme, incapable de vraies réformes, car hanté par les rapides échéances électorales... Emmanuel Macron n'y arrivera pas et vous ne pouvez pas savoir à quel point je le regrette.

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