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Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


Mine de rien…

Publié par Stéphane Soumier sur 8 Février 2015, 13:00pm

...on a une belle semaine devant nous. Deux questions importantes : la Grèce peut-elle trouver un porte parole crédible pour poser à sa place les bonnes questions qu’elle pose ? Que faire de la loi Macron ? Rien à voir ? Quoi que …

Parce que la Grèce a raison, mais qu’elle est inaudible. Celui qui a braqué la caisse est assez peu légitime pour dire qu’on pourrait mieux utiliser le pognon qui dormait dans le tiroir. Je résume, mais c’est à peu près ça. La zone Euro joue les fiers à bras en ce moment, faisant mine d’oublier qu’elle n’a réglé aucun de ses problèmes structurels. Aucun. Il y a toujours une totale incompatibilité entre les traités européens, leurs critères de convergence (déficit, dette etc…) et la réalité de l’endettement. S’il est supportable aujourd’hui, c’est que nous vivons sur le nuage d’argent gonflé par les banques centrales. Quand reviendra l’heure d’un fonctionnement économique un peu plus rationnel, en clair, quand les taux d’intérêts remonteront, nous redécouvrirons que les Grecs ne sont sans doute pas les plus à plaindre. Difficile d’imaginer que l’on puisse éviter une forme de mutualisation de cette dette, d’ailleurs dans les propositions de Varoufakis, on revoit ressortir les idées de « dette bleue-dette rouge » portée par le français Jacques Delpla, ou par… le conseil des sages que consulte le gouvernement allemand. Elles ont quatre ans ces idées, on n’a pas avancé d’un poil

Le problème c’est que la Grèce se fout de nous, évidemment. Si les Espagnols, les Irlandais tenaient le même discours, on écouterait. Sauf que les Espagnols et les Irlandais, ils ont l’impression d’avoir fait le boulot, l’idée d’offrir une porte de sortie aux Grecs, pire encore, d’assumer une partie de leur fardeau, est politiquement injouable.

Donc retour à la case départ. Mais le temps tourne

C’est là que déboule Macron. Que faire de cette loi ? Je ne sais pas pour vous, mais moi je change d’avis tous les jours. Tenez le permis de conduire, j’avais l’impression d’une défaite des libéraux en rase campagne. Et voilà que les auto écoles manifestent. Allons bon. Deux coups de fil, et les start upper type Ornikar me disent qu’ils sont effectivement ravis des ouvertures prévues par la loi… mais chuuut… faut pas trop que ça se voit, qu’ils puissent bosser tranquille. Dont acte. (Discrète avancée aussi sur les « actions gratuites » que l’on pourra de nouveau distribuer aux salariés dans des conditions fiscalement décentes, mais même chose, chut ! Pour les notaires, j’y arrive plus, j’ai renoncé à comprendre, mais je me demande de plus en plus s’il ne sagit pas d’un leurre pour faire passer tout le reste en douce...)

Là c’est quand même l’heure de vérité : la bataille du dimanche ! Oui ou non va-t-on laisser les touristes chinois déambuler l’âme en peine le dimanche sur les trottoirs déserts, ou bien va-t-on leur ouvrir les magasins ? Si c’est le préfet qui décide (zone touristique internationale), halleluïa, chaud devant, c’est l’open bar ! Si c’est le maire de Paris… pom, pom, popommmm… marche funêbre, la ville continuera de crever doucement sous l’œil satisfait de ses nouveaux maîtres. Macron face à l’attelage des frondeurs, des écolos et de Mme le maire. Eye of the tiger ! Rocky 4 !

Bon, le rapport avec la Grèce ? Le temps, camarades, le temps. Les banquiers centraux nous donnent du temps, et l’équation de la dette insoluble en période de stagnation devient plus simple à résoudre avec un peu de croissance. Or, on va pas se refaire, nous sommes un certain nombre convaincus que les réformes sont les clés de la croissance, moins d’ailleurs par leur impact réel et mesurable que par l’ambition qu’elles pourraient diffuser et l’idée, mille fois répétée, qu’un chef d’entreprise n’a finalement besoin que d’une étincelle, parfois, pour investir. Macron qui résiste sur la bataille du dimanche, Valls qui vient le soutenir, et c’est peut-être une digue derrière laquelle on peut espérer se sentir un peu à l’abri… allez… en faisant un effort

Comme quoi, mine de rien, belle semaine

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