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Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


OMG! je vote Syriza

Publié par Stéphane Soumier sur 24 Février 2015, 13:49pm

OMG! je vote Syriza

En parcourant la lettre grecque aux institutions européennes, je me demandais ce que nous serions nous capables de faire voter à l’Assemblée. Pas grand chose, en fait

Les premières lignes sur la politique fiscale passeraient « crème » comme disent les gamins

« s’assurer que toutes les sections de la société et particulièrement les plus nantis contribuent de manière juste au financement des politiques publiques ».

Pour le reste, ce serait beaucoup plus aléatoire

-« les autorités grecques vont revoir et contrôler la dépense publique dans tous les secteurs (par exemple éducation, défense, transport, collectivités locales, dépenses sociales) » (note de l’auteur : c’est le gouvernement qui cite ces exemples, et pas d’autres, ce n’est pas moi)

-« La Grèce prend l’engagement de continuer à moderniser son système de retraites » et « veut éliminer la pression sociale et politique qui pousse à partir en préretraite dans tous les secteurs de l’économie et particulièrement dans les banques et dans le secteur public, ce qui surcharge les systèmes de pensions » (…) « en apportant une assistance particulière aux travailleurs entre 50 et 65 ans » (note de l’auteur : oui, vous avez bien lu, 65 ans)

-« réduire le nombre de ministères de 16 à 10, réduire le nombre de conseillers spéciaux et les avantages des ministres, des membres du parlement et des hauts fonctionnaires »

Ensuite vient une partie très grecque, je la cite juste pour la philosophie générale du texte : -« collaborer avec la direction des banques et les institutions pour éviter les saisies des maisons des plus démunis, mais le faire avec l’esprit suivant : maintenir le soutien de la société pour le programme de réformes, empêcher une baisse supplémentaires des prix de l’immobilier (…) et promouvoir une forte culture de respect des échéances financières » (note de l’auteur : vous noterez que la dernière phrase ne manque pas de sel)

(je passe sur le chapitre privatisations où l’on insiste sur la volonté de respecter les intérêts de l’Etat, mais aussi pour l’Etat la nécessité de respecter sa signature, et donc les privatisations déjà réalisées ou en cours de finalisation ne sont pas remises en cause, la suite est intéressante:

-"adopter une approche particulière pour chacun des cas nouveaux à traiter, en insistant sur les partenariats de longue durée, les partenariats public-privé et les contrats qui ne maximisent pas seulement les revenus du gouvernement mais aussi les niveaux envisageables d'investissement privé")

Et j’en viens au chapitre sur le salaire minimum :

-« augmenter le salaire minimum de façon à respecter la compétitivité et les perspectives d’emploi » (aucun chiffre n’est précisé, mais vous noterez que les grecs, eux, font un lien entre l'emploi et le salaire minimum, laissant entendre, mais j'admets que ça n'est pas écrit, qu'un salaire minimum trop élevé est un frein à l'embauche) , que suit un chapitre sur la création d’un

-« better business environment » et sur la nécessité d’en finir « avec les rentes indues des professions réglementées » (sic)

10 petites lignes à la fin s’inquiètent des plus démunis, « absolute poverty », et tous, nous les signerions sans hésiter (« ensure that its fight against the humanitarian crisis has no negative fiscal effect »)

Ne vous méprenez pas. Ce n’est pas le récit d’une sorte de triomphe néo-libéral. Ce serait totalement inapproprié. Non, c’est la certitude qu’un jour on exigera de nous ce qu’on exige de la Grèce. Qu’une lettre comme celle-là, il faudra l’écrire. Qu'on en est incapable aujourd'hui.

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