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Le blog de Stéphane Soumier

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Diplomés entrepreneurs, l'arme fatale

Publié par Stéphane Soumier sur 3 Juillet 2015, 10:20am

Les jeunes diplomés se voient entrepreneurs et pourront compter sur des bataillons d’indépendants. Voilà la révolution qui vient

Diplomés entrepreneurs, l'arme fatale

Et si c’était le chiffre le plus important de l’année ? Il nous est apporté par le mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs : 34% des jeunes diplômés souhaitent créer leur propre entreprise. Le ministère des finances, L’Oréal ou Airbus ne sont plus leur horizon indépassable.

En cela ils s’inspirent évidemment des nouveaux héros entrepreneurs dont les sagas sont encore aujourd’hui partout dans le monde des trajectoires immaculées. Où sont les compromissions, les lâchetés, les trahisons de Niel ou de Zuckerberg ? Dans des points de détail, mais sur l’essentiel, ils ont tracé leur route et partout semé la richesse. Oui, je l’écris comme un conte de fée, et j’emmerde les pisse-froid qui se noient dans les détails

Mais ils prennent surtout la mesure des mutations du capitalisme et du potentiel vertigineux de l’internet industriel : plus besoin de capitaux considérables pour avoir de l’ambition, et les nouvelles technologies vous donnent très vite un horizon mondial

Pour notre système français, j’y vois un élément fondamental : ces jeunes diplômés vont nous construire des boites plus solides.

Le grand silence de notre débat économique, c’est la qualité des chefs d’entreprises. Les larmes de crocodiles qui sont régulièrement versées sur notre manque d’entreprises de taille intermédiaire laissent pudiquement de côté ce qui est une des racines du mal : ce ne sont pas les élites qui dirigent les PME. Les patrons de PME en France sont comme vous et moi, des hommes, des femmes, qui ont eu le courage de prendre des risques et les capacités de les transformer en succès, mais qui sont parfaitement lucides sur leur niveau réel. S’ils ne veulent pas croitre, c’est qu’ils ne s’en sentent pas les capacités. Où qu’ils n’en voient pas l’utilité. Ce qui finalement revient au même

Les élites, elles, sont à l’abri des grands groupes et des cabinets ministériels, l’état et les cabinets ministériels les a dévorées. Si elles pouvaient enfin des mettre à la barre de la croissance, ce serait une nouvelle incroyable

Benoit Grossmann, l’un des patrons d’Idinvest, celui qui est à l’origine des plus grands succès français dans le domaine de la croissance techno (de Deezer à Criteo) me racontait récemment pourquoi il n’avait pas investi, il y a dix ans, dans Blablacar (un « ratage » évidemment, pour lui) : « pourtant, je l’ai vu deux fois Frédéric Mazzella (le patron de Blablacar) , et ce qui m’a fait reculer, à la fin, c’est qu’il était centralien ». Frédéric Mazzella sortait d’une grande école, et il y a dix ans, c’était une tare pour un investisseur !

Et pourtant, celui qui vous parle ayant lamentablement échoué au concours de l’école normale peut vous le dire, le cerveau de ces gens-là va plus vite que le nôtre. Qu’ils mettent cette puissance au service de la croissance et plus de l’ambition politique est un fait majeur.

D’autant qu’ils pourront compter sur des bataillons d’indépendants ! C’est jean Charles Simon qui m’apporte ce chiffre ce matin, la croissance de l’emploi non-salarié est un fait majeur en France de la structure du travail de ces dix dernières années. +35% d’indépendants depuis 2001, 600.000 personnes, pendant que l’emploi salarié, lui, stagne.

Ces indépendants sont en train de faire seuls la réforme du code du travail dont les partenaires sociaux sont incapables (accessoirement, ils développent aussi des stratégies d’évitement des cotisations sociales qui poseront un jour un problème considérable à notre système à bout de souffle). Ils seront la force décisive, souple, précise, indispensable, qui accompagnera au combat nos élites entrepreneuriales.

Avouez que c’est un monde qui peut changer très vite. Quand on regarde ça, alors oui, on peut penser que « France is the next big thing » et que cette révolution silencieuse va nous construire un avenir

Amen.

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Aude 01/09/2015 14:13

C'est dingue monsieur Soumier !! Je me tiens à votre disposition pour une collaboration éco-culinaire.
Businessement votre

Henri Rouquier 03/07/2015 14:26

À propos de Zuckerberg, il a répondu ça récemment à ce sujet:

I can answer that :

I don't think there's anything that makes founders intrinsically better at running companies than non-founder CEOs. There are plenty of good leaders who are both.

That said, there are certain structural advantages that founders may have that can make their jobs easier than those of non-founder CEOs -- including extra social capital within a company and control of company governance.

As you suggest, running a company involves making a lot of tradeoffs between various short and long term interests. The more power you have as a CEO, the easier it is for you to do what you think is right and ignore people pushing for shorter term interests.

The social capital and moral authority that comes from being the founder and having built many of the company's key products means that on balance people trust you more and give you the benefit of the doubt more when you make tough calls. Fewer people complain and take your time to manage. Fewer people quit and slow your execution. Everything is easier with social capital.

Similarly, if you have control of the company -- like I do at Facebook and an increasing number of founders do -- then it is very difficult for investors to fire you. This means you don't need to worry about losing your job over a couple of bad quarters or controversial short term decisions, and that makes it easier for you to make the decisions you think are correct as well.

These pressures compound over time. If you have to make short term tradeoffs because activist investors are pressuring your board for quick financial results and you might get fired otherwise, then the compromises you make will just make it harder and harder to deliver the results you want and execute your mission over time. This eventually catches up to you unless you manage everything carefully. On the other hand, if you have the space to make controversial but good long term bets -- like buying Instagram -- that provides an accelerating tailwind that makes executing your mission easier over time.

These are clear advantages that founders may have, but they don't guarantee success. At the end of the day, you still need a clear vision and willingness to do what you think is right because there will always be plenty of forces pushing you to make worse tradeoffs regardless of your structure. There are many non-founders CEOs who are excellent at this as well as founders, and there are plenty of founders who are terrible at this despite these advantages.

There's one last thing I'd add, which is that I think people focus too much on the single CEO role and not enough on the broader team. No one builds something by themselves. We could not have built Facebook without our core team. This is not just about the founder or CEO but about the strength of the whole team.

medi 03/07/2015 13:42

Je vous entendu ce matin à ce sujet. Oui, c'est une stat positive et encourageante, elle nous donne à nous aussi en Tunisie l'envie de dire que la croissance et soyons fou la prospérité, cela vient toujours de l’énergie d'un entrepreneur, du type qui se lance et que les attentes du côté des Etats sont vaines.

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