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Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


Big is beautiful

Publié par Stéphane Soumier sur 28 Octobre 2015, 08:54am

Big is beautiful

Une claque au politiquement correct de notre économie nationale : le culte de la PME

C’est l’idée reçue la plus tenace. La permanence du discours politique. La vérité incontestable. On l’entend partout, même sur les promos de BFMbusiness : « en France, ce sont les PME qui créent l’emploi »

Et bien non, 10 fois non, 100 fois non, très exactement d’ailleurs, 100 fois non. Car il faut que l’ensemble de ceux qui veulent réfléchir à l’économie française, et donc, tous les citoyens, aient bien ce chiffre en tête : « 1% des entreprises françaises concentrent 65% de la valeur ajoutée » (petit rappel, valeur ajoutée=richesse produite, la définition du PIB : somme des valeurs ajoutées).

En d’autres termes, 1% des entreprises est responsable de 65% de l’activité du secteur privé de notre pays (en fait, pas tout à fait, il faudrait ajouter le secteur public, et l’on rentrerait alors dans un débat sans fin sur la richesse produite par le secteur public, si vous en êtes d’accord, on va s’en passer pour rester entre entreprises privées)

Tous les chiffres qu’aligne l’INSEE ce matin donnent le vertige : 97% des exportations, 85% des investissements, 55% de l’emploi du secteur privé, tout cela entre les mains de 24.000 entreprises.

C’est un constat. Ce n’est pas de la morale. Et justement c’est bien de mettre de la morale dans ce constat qui fausse tout le débat économique. La question n’est pas de savoir si c’est bien ou mal, c’est forcément un déséquilibre problématique, évidemment, et le signe du manque criant d’un Mittelstand à l’allemande, d’une gamme d’entreprises de taille intermédiaires qui viendraient élargir le sablier.

Mais c’est un fait. Affaiblir les grandes entreprises aujourd’hui, c’est affaiblir la machine qui concentre 65% de la création de valeur et 55% de l’emploi (juste en élargissant le spectre, autour de 200.000 entreprises, vous trouvez 80% de l’emploi salarié marchant, les 2 millions de « PME-qui-créent-de-l’emploi-en-France-tout-le-monde-le-sait » c’est à peine 20%)

J’entends déjà le raisonnement selon lequel, justement, le gisement reste dans les PME, « rendez-vous compte, si deux millions d’entreprises créaient chacune un seul emploi, on effacerait le chômage ».

Raisonnement absurde, elles ne le créent pas cet emploi, elles n’ont aucune raison de le faire, aucune raison de doubler leurs effectifs, c'est ce que ça représenterait pour un million d’entre elles et cela signifierait un saut considérable. Vous avez bien plus de chances de voir la création de 1000 emplois par chacune des 24.000 grandes entreprises. Et donc ce sont bien d’abord celles-là, dans la situation présente, qu’il faut soutenir et encourager

Je rajoute quelques lignes après les commentaires sur les réseaux sociaux. On me dit "mais les grands groupes sont en train de licencier à tour de bras". Autre erreur fatale. Les grand groupes suppriment des postes, oui, mais ce sont des gains naturels de productivité. Personne n'est viré. Une suppression de poste n'est pas un licenciement, c'est un départ en retraite qui n'est pas remplacé. Les banques qui ferment des agences embauchent toujours des milliers de salariés chaque année, Airbus et Mc Do sont les premiers recruteurs de France, chez Orange, 5.000 recrutements au titre de l'année 2015 etc... Dans tous ces grands groupes la pyramide des ages et les départs en retraite massifs permettent de maintenir une certaine dynamique de l'emploi.

Tout cela vous semble totalement contre intuitif ? C’est pourtant la réalité. Personne n’en tient compte. Même pas le MEDEF dans son discours.

Les grandes entreprises sont le socle de la croissance française, voilà bien le propos le plus révolutionnaire que vous puissiez tenir aujourd’hui

Commenter cet article

franck barnu 28/10/2015 20:39

On se comprend mal parfois…
Le « journaliste Soumier » se voulait amical. Je suis journaliste et ne considère pas ce terme comme une insulte ! Je voulais juste dire que, parfois, il arrive qu’un journaliste se trompe en réagissant trop rapidement. Ça arrive... C’est tout.
Je ne suis pas expert et ne le prétend pas. Ce que je lis dans l’étude Insee ne correspond simplement pas à la lecture que vous en faites et aux leçons que vous en tirez. Dans le « 1% des entreprises françaises [qui] concentrent 65% de la valeur ajoutée » il y a effectivement beaucoup de PME. C’est clair et c’est net. C’est tout.

Ma critique de votre papier se voulait constructive par agressive. Une occasion d'aller plus loin. Ce que vous écrivez sur l’importance des grands groupes n’est pas stupide mais, excusez-moi votre altesse, ce n’est pas cette étude qui permet de l’affirmer

Au bout du compte, je suis très déçu de votre réaction. A vous suivre sur Twitter, je me faisais l’idée d’un - d’un quoi puisque vous n’êtes pas journaliste ? -, disons d’une personne plutôt sensée et à l’esprit ouvert.Me serais-je trompé ?
cordialement, malgré tout...

Christophe Vouilloux 28/10/2015 18:56

Stéphane vous m'énervez quand vous avez raison !!
même si ma fierté de petit patron (7) en est blessée et votre image de défenseur des "petites boites" un peu écornée !

franck barnu 28/10/2015 16:05

Ah! Ah! Le journaliste Soumier s'est fait piéger par une lecture trop rapide d'un communiqué de presse au titre racoleur... ça arrive.
Si on lit, lentement, le document de l'Insee on s'aperçoit qu'il y a
- Seulement 4200 entreprises de 250 personnes ou plus en France
- Et 144000 entre 10 et 249 salariés

Ce qui signifie que les 24000 entreprises citées ne sont pas toutes des « grands groupes ». Il y a d’une part un certain nombre d’ETI (autour de 500 salariés,) qui font partie des 4200. Pour atteindre le chiffre magique des 24000 il faut donc ajouter quasiment 20000 entreprises entre 10 et 249 salariés (les plus proches de 249 probablement). Donc des PME…
Moralité : parmi les 24000 champions de tout et de la valeur ajoutée il y a effectivement une très très importante proportion de PME. Cqfd.

Et si on veut regarder cela de plus près, il faut lire Gattaz (Yvon) qui montre que les vrais champions ne sont pas les grands groupes mais précisément les ETI… Big is not so beautiful, en fait.
Cela dit, il est vrai que les 2 millions d’entreprises de 0 à 9 salariés ne pèsent, elles, pas lourd dans la balance… Mais ce ne sont même pas des PME

Stéphane Soumier 28/10/2015 18:30

les pseudo experts sont sans doute ceux qui me fatiguent le plus
bonne lecture
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=if4
et puis arrêtez de m'insulter, je ne suis plus journaliste au titre de la carte de presse depuis 15 ans au moins

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