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Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


Publié depuis OverBlog

Publié par Stéphane Soumier sur 7 Janvier 2017, 13:43pm

Un journaliste n’a pas à traiter de la statistique. Parce la stat c’est un métier et que ça n’est pas le sien, et c’est le cœur de ce qui m’oppose aux fact checkers.

Le pb est le suivant : une « formation » stat est effectivement maintenant dispensée dans les écoles de journalisme. C’est affligeant. On se retrouve avec des gars qui ont de vagues notions, mais vont s’en servir pour trancher entre « vrai » et « faux » au lieu de faire ce qui a toujours été notre métier, doit le rester, prendre son tel, appeler les experts, et donner aux lecteurs/auditeurs/télespect accès à l’exhaustivité des sources.

Son seul travail en l’occurrence, c’est de faire le tri entre les experts, et de s’appuyer pour cela 1/sur leur historique académique 2/sur ce qui fait réellement la différence entre les bons et les mauvais journalistes : sa capacité de discernement et les liens noués au fil du temps avec des sources fiables qui elles lui permettent de faire le tri

Le journaliste ne doit en aucun cas être un sachant. Un virage a été pris là-dessus, dans les 80’s ( ?) avec la montée en puissance des éditorialistes, dont le factchecking est l’aboutissement. La phrase « nous ne faisons pas de journalisme spéculatif » est tiré de la charte de mes amis les décodeurs (enfin, il y a trois ans, je n’ai pas regardé depuis). Elle est le symptôme d’une profession qui s’est érigé en caste et délivre le savoir, à la manière d’une université du temps réel. La présidentielle US a tourné là-dessus à la caricature, à un moment rien de ce que disait Trump n’était « vrai », c’était au mieux « probable ». D’où l’invention de ce concept de « post fact era » : les journalistes délivrant seuls les faits, ceux qui les contestent devenaient « post fact »… bref

Notre travail est de vous apporter l’exhaustivité des sources que nous avons pu contacter au terme d’une journée de travail (ou deux, ou trois, ou plus en fonction de nos moyens et de l’ambition de la rédaction qui nous emploie). Ce ne doit être rien d’autre

Meilleurs voeux

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