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Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


Ce que pourrait dire Hollande

Publié par eco-vibes sur 16 Novembre 2011, 16:11pm

L’essentiel avec le nucléaire, c’est la tragédie. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Anne Lauvergeon. Le tragique au sens propre : à quelle condition refuser la force du destin ? L’essentiel avec le nucléaire, c’est le prix que l’on accepte de payer à la croissance des activités humaines. Ce ne sont pas des comptes d’apothicaires, j’ajoute trois réacteurs, je retire du retraitement et retiens Fessenheim. Soyons pédants (après tout..) l’essentiel c’est l’Hubris, l’orgueil démesuré des hommes

 

« Regarde les animaux qui sont d'une taille exceptionnelle : le ciel les foudroie et ne les laisse pas jouir de leur supériorité ; mais les petits n'excitent point sa jalousie. Regarde les maisons les plus hautes, et les arbres aussi : sur eux descend la foudre, car le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure. » (Hérodote, dans l’article Wikipedia sur l’Hubris)

 

 

L’essentiel avec le nucléaire, c’est la confiance que l’on peut avoir dans la capacité des hommes à contrôler des forces qui les dépassent. On raconte que c’est en physicienne qu’Angela Merkel a pris la décision d’arrêter le nucléaire allemand. Anne Lauvergeon en a toujours douté. Même en privé, elle continue de dire que cette décision était politique, purement politique. Et Anne Lauvergeon, agrégée de science physique, ingénieur du corps des mines, balaie d’un revers de main les angoisses sur la « puissance démentielle d’un réacteur hors contrôle ». Ça n’est qu’une question de sécurité et donc de prix, ça n’est qu’une question d’indépendance des organismes de contrôle, ça n’est qu’une question de gouvernance au cœur de la chaine d’exploitation. En cela, un rapprochement EDF-Areva n’est pas forcément rassurant

 

 

 

L’autre grande question, c’est celle de notre indépendance. Le choix nucléaire n’est pas tant celui de Pompidou et de Messmer que celui de Giscard, puis ensuite de Mitterrand. C’est une stratégie post-choc pétrolier. Que l’on regarde les faits : l’Allemagne sans nucléaire n’a pas d’autre solution que de signer un partenariat très étroit avec Gazprom. Gazprom a clairement indiqué qu’il avait l’intention d’être présent sur toute la chaine de valeur, l’approvisionnement, les centrales, la distribution. Cap Gemini, dans l’étude mondiale qu’elle publie tous les ans, nous dit, qu’en 2030, si l’Allemagne va au bout,  50% de l’approvisionnement total de l’Europe sera assuré par Gazprom. Ca n’est pas une belle question à poser ça ?

http://www.capgemini.com/insights-and-resources/by-publication/european-energy-markets-observatory-2011-editorial/

 

La France a décidé de ne pas entamer l’exploitation des gaz de roches. Peut-elle se permettre de rejeter, les unes derrières les autres, pour des motifs sans doute louables, toutes les solutions qui peuvent renforcer cette indépendance ?

 

 

Notre indépendance serait plus forte encore si l’on n’avait pas sacrifié Superphénix, justement sur l’autel d’une union avec les écologistes. Et François Hollande pour s’en sortir doit poser les vrais enjeux. Il ne s’est pas encore expliqué publiquement sur l’EPR, au-delà d’une simple phrase sur la continuité de la filière. Ca ne peut pas être un choix technique, les risques politiques qu’il prend sont trop importants, et même les ardents défenseurs du nucléaire s’accordent à penser que l’EPR n’est qu’une technologie de transition. Ca ne peut pas être un simple choix financier, l’EPR de Flamanville n’en est qu’à la « moitié du chemin » (EDF, le 10/11 source AFP), 3 à 4 milliards d’euros ont été dépensés sur un chantier qui doit en coûter 6 (AFP, Hervé Machenaud, directeur exécutif en charge de la production et de l’ingénierie d’EDF) mais les dérapages de coûts sont tels, qu’il n’est pas exclu qu’il y ait encore plusieurs milliards de rallonge nécessaires (là, ce n’est plus EDF qui le dit, ce sont les observateurs qui regardent le dossier. Areva, au contraire, nous dit aujourd’hui qu’elle espère gagner 1 milliard sur les coûts initiaux du fait de l’expérience accumulée en Finlande et en Chine).

 Non, ce sera bien un choix, stratégique, profond. Et ce ne serait pas un tel paradoxe au regard de notre histoire industrielle récente, si c’était le N°1 socialiste qui nous permettait de nous élever au-dessus du million inutile de M.Proglio

 

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