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Le blog de Stéphane Soumier

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François Fillon n'existe pas

Publié par eco-vibes sur 6 Novembre 2011, 15:12pm

François Fillon n’existe pas. Gonflé ? Et pourtant, s’il existait, on aurait tiré les conséquences de ses déclarations « je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier », mais comme il n’existe pas, personne n’a entendu.  La phrase sur la « faillite », dites une date… allez… sans recherche… 2008 ? 2009 ?... raté ! 21 septembre 2007. Que l’on se rende bien compte : à ce moment les premières alertes « subprime » on sonné, HSBC d’abord au printemps, puis BNP Paribas début août. Il est encore possible de se mettre en ordre de bataille. Rien ne va se passer. Et François Fillon-qui-n’existe-pas doit maintenant solder les erreurs et les défaites de Celui sans lequel il ne serait rien.

 

Erreurs lourdes, tout le monde les connaît, dans ce « paquet fiscal » qui marque le quinquennat, très exactement le 21 août 2007. Erreur, la défiscalisation des intérêts d’emprunt, qui viendra gonfler un peu plus la bulle immobilière. Un chiffre sur l’immobilier : 37 milliards d’euros d’aide publique chaque année (source UNPI), un gouffre dingue ! Pour une crise du logement sans précédent (La seule mesure efficace serait sans doute une garantie publique des loyers, l’UNPI affirme que des centaines de milliers de logements se retrouveraient soudain sur le marché, comme par magie)

Erreur, l’exonération des droits de succession. Celle là est même la plus terrible, car c’est bien l’argent des successions qu’il faut lourdement taxer, l’argent de la rente, l’argent qui ne produira jamais rien en passant d’un mourant de 95 ans à de vieux enfants qui ne vont pas beaucoup mieux.

Défaite : la défiscalisation des heures supplémentaires. On ne pas hurler avec les loups, elle a permis une baisse marginale du coût du travail, mais il aurait été tellement plus simple d’abroger les 35 heures. Le pays n’était pas mûr nous répond-on. Dont acte

Défaite : la possibilité d’investir dans le capital d’une entreprise en croissance une partie de son ISF. Là encore, plus simple du supprimer l’ISF mais pays-pas-mûr. Dont acte (cette mesure a permis de flécher pas mal d’investissements vers les jeunes pousses, mais comme notre système est totalement incohérent, il a servi de prétexte aux parlementaires pour raboter le statut de jeune entreprise innovante)

On ajoute la TVA restauration et on arrive à une facture qui dépasse évidemment les 8-10 milliards que François Filllon sortira de son chapeau demain (tout chiffrage précis serait polémique).

 

Et ne me dites pas que je réécris l’histoire, j’ai gardé tous les textes, tous les points de vue, toutes les itw de l’époque : unanimisme à dénoncer ces mesures au moment même où elles étaient votées. Je me souviens même  avoir été pris de pitié par le regard de Christine Lagarde qui n’en pouvait plus de les défendre après 10 mn d’itw. Pour être tout à fait sincère, tout le monde savait que ces mesures étaient inutiles et néfastes, personne ne pensait alors qu’elles seraient dangereuses, car personne alors n’imaginait la puissance de la crise qui se levait à peine.

 

François Fillon va donc jouer les plombiers, bricolage et rafistolage, un taux intermédiaire de TVA par ci, une hausse de l’IS pour les grandes entreprises par là. Forcement, plongé dans ses dossiers abscons, François Fillon a dû, vendredi, jeter un œil à la télé.  Il a dû regarder l’Autre se pavaner à côté de Barack. Un sacré coup quand même. Le New-York Times nous dit que c’est parce que Sarkozy l’avait reçu en grandes pompes à l’Elysée alors qu’il n’était qu’un candidat parmi d’autres, que Barak Obama lui a accordé cette faveur d’un prime time. S’il lit ça François Fillon comprendra pourquoi il n’existe pas. Lui n’aurait jamais pris ce risque.

 

 

 

 

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