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Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


Quelques heures sur la planète énergie

Publié par eco-vibes sur 26 Novembre 2011, 10:33am

Frénésie d’infos depuis 48 heures sur la planète énergie, je vous donne tout ça dans le désordre, parce qu’en fait, et c’est tout le problème, seul le temps nous donnera la bonne hiérarchie

 

-GDF-Suez entame des négociations avec Gazprom sur ses contrats long terme. Si l’on comprend bien (mais personne ne veut s’expliquer clairement sur cette affaire) , Gazprom arrose le marché européen (marché spot) avec du gaz naturel liquéfié à très bas prix, tout en préservant ses marges sur les contrats long terme signés avec ses meilleurs clients et indexés sur les prix du pétrole. Le débat est encore plus complexe quand on sait que la loi française impose à GDF suez de signer de tels contrats décorélés des prix de marché

 

-KKR, l’un des plus gros fonds d’investissement du monde, signe un chèque de plus de 7 milliards de dollars pour un spécialiste américain de l’exploration/production des gaz de schistes. Ce qui est important c’est que KKR le fait au moyen d’un LBO (rachat par la dette), ce qui veut dire qu’ils pensent que la rentabilité de l’opération sera telle qu’elle permettra de se refinancer sans aucune tension (pas besoin de vous faire un dessin sur les difficultés à lever de l’argent aujourd’hui)

 

-Gazprom décide de racheter les gazoducs qui traversent la Biélorussie. Ce n’est qu’un début, nous disait il y a quelques semaines Colette Lewiner, spécialiste monde de l’énergie pour Cap Gemini, Gazprom veut être présent sur toute la chaine de valeur en Europe occidentale

 

-La Suisse chiffre à 16,8 milliards d’euros le coût de démantèlement de ses 5 centrales nucléaires. On arrive à un prix pas très éloigné de celui d’EDF… pour 60 réacteurs ! Le problème, c’est qu’absolument aucun rapport indépendant ne vous donne aujourd’hui le moindre chiffre fiable. Les estimations vont de 1 (nuclear regulation commission, USA : 300 millions de dollars/réacteur) à 10 (autorité britannique de régulation : 3 milliards/réacteur)

 

-les allemands Q-Cells et Solarworld, champions de la filière solaire européenne traversent une crise de surproduction sans précédent, Le 17/11 le titre Q-Cells s’écroulait de 30% à la bourse de Francfort. la compagnie encaisse une perte d’exploitation de 47 millions d’euros sur le trimestre pour un chiffre d’affaires de 229 millions d’euros. Durant le week-end, le spécialiste du secteur Green Univers affirmait sur BFMbusiness que la filière en France enregistrait une faillite par semaine

 

-Thierry Lepercq, patron de Solaire Direct (200 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’un des principaux acteurs du secteur en France) : « le solaire est aujourd’hui rentable, capable de fournir une électricité compétitive, mais nous devons abandonner l’ambition de fabriquer largement les panneaux, qui ne sont que des commodités, comme les écrans plats. La valeur ajoutée se trouve dans la gestion de cette énergie par nature intermittente, et le raccordement au réseau »

 

-La bonne société se gausse de la phrase de Nicolas Sarkozy au Tricastin : « la nuit il n’y a pas de soleil ». C’est pourtant bien l’une des clés fondamentales de la gestion complexe de cette énergie

 

Que nous disent toutes ces infos dans le désordre ? Que l’énergie doit évidemment échapper aux règles libérales classiques (du fait, par exemple, de la situation de monopole induite par la possession du réseau, du fait surtout du poids des Etats fournisseurs)  mais que le marché doit rester un élément clé pour guider les politiques publiques. Lui seul, à un moment, est en mesure de corriger les excès. Il est irresponsable de ne pas en tenir compte. Sur les gaz de schistes par exemple, comment expliquer rationnellement que nous soyons les seuls au monde, aujourd’hui, à ne même pas vouloir explorer des pistes de recherche. Nous ne voulons même pas chercher à savoir. Comme il est incroyable de ne pas avoir, aujourd’hui, une base saine, incontestable, pour le coût de démantèlement du nucléaire. L’autre élément, c’est que l’énergie est une affaire de long terme. Comment des choix d’investissement peuvent-ils résister à nos choix démocratiques ? Par un vrai grand débat qui nous engage collectivement sur 20 ans. A voir que le débat nucléaire se résume aujourd’hui à une bataille d’épiciers, on en est loin. 

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