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Le blog de Stéphane Soumier

Le blog de Stéphane Soumier


Réforme bancaire: désolé, ça m'échappe

Publié par eco-vibes sur 10 Février 2013, 10:21am

J’ai fait des efforts. Vraiment. J’ai lu des pages et des pages. Ecouté des heures d’analyses. Je n’y arrive toujours pas. Pourquoi faudrait-il « couper en deux » les banques françaises ?

Ecrire ça, c’est de toute façon s’attirer, au mieux, le rire, au pire, le mépris. Donc allons-y

-Elles sont « trop grosses ».

Ah bon ? c’est quoi la bonne taille ? Celle des caisses d’épargne espagnoles qui ont créé une situation incontrolable ? ou celle de Santander et BBVA, les deux mastodontes du système bancaire espagnol qui ont sauvé le pays, avec le soutien de la banque centrale européenne, en achetant la dette espagnole au moment où tout vacillait ? Je vous fais grâce de la faillite de la Commerzbank en allemagne, ou de la bad bank chargée de 50 milliards€ d'actifs toxiques sortis des banques régonales allemandes. Et je ne vois pas comment on fait moins gros qu'une banque régionale allemande. 

-Elles prennent trop de risques.

Ah bon ? c’est quoi le critère ? Moi j’entends sans arrêt des chefs d’entreprise me dire qu’elles n’en prennent pas assez. L’immobilier ? Elle est où l’explosion de la bulle en France ? Il est où le stock de logements vides ? Les activités de marché ? Elle est où la faillite ? Tiens, si on la cherche on la trouve chez Jérome Kerviel, sur les produits les plus simples du monde, ceux que personne, absolument personne, ne songe à enlever aux établissements bancaires. Si on voulait, ça pourrait donner une piste, celle du contrôle. Mais on ne veut pas. C'est dommage, parce que la réforme du contrôle, et notamment de la rémunération des contrôleurs par rapport au front office, ça ce serait un sujet efficace. Pas assez médiatique peut-être?

-On nationalise les pertes.

Hein ? Quelles pertes ? On a dû, ponctuellement, au cœur d’une tempête invraisemblable venue des Etats-Unis, accorder une garantie. Rien d’autre. Elle a rapporté 2 milliards cette garantie. Pas mal, non ? Ah oui, il y a Dexia. Intéressant Dexia. Banque spécialisée. Pas de dépôts. Je me trompe où c’est le modèle de ce que l’on veut construire ? Oui, je me trompe, je fais de la provoc’. Mais quand même. La seule qui nous coûte vraiment cher, c’est justement celle qui n’est pas universelle. C’est ballot. Remarquez j'aurais pu parler de Natixis, un modèle de banque de marché autonome. Mais là, on se fait du mal

-Elles traitent avec les Hedge Funds.

Belle affaire, c’est 20% de l’épargne mondiale. On veut laisser 20% de l’épargne mondiale entre les mains des anglo-saxons ? Ben oui, c’est pas comme si on manquait d’investisseurs

-Elles jouent avec l’argent des clients.

Oui, et là je suis d’accord. Je veux bien que l’on joue avec mon argent mais alors 1/faut me prévenir 2/je veux toucher une partie des gains. Donc on arrête la spéculation pour « compte propre ». Ok. Je signale juste que c’est fait depuis un bon moment. Pas tout à fait dites-vous ? Ok. Dont acte. Un petit règlement là-dessus

-Elles spéculent sur les matières premières agricoles.

Et alors ? Ce sujet est le symbole de ce que les bonnes intentions ne sont pas une valeur économique. Vous avez posé la question aux professionnels de la matière agricole ? Ceux qui la traitent vraiment, essaient de la développer ? In Vivo,  par exemple, qui vend le blé des producteurs français sur les marchés mondiaux. Faites-le, vous aurez des surprises. La spéculation ils en redemandent, parce qu’un marché plus profond, plus large, sera moins sensible aux aléas conjoncturels, parce qu’il attirera des investissements sur la production, parce qu’il développera la productivité. La spéculation mondiale est peut-être la seule façon de déconnecter la production agricole et la météo, et justement, un marché large et profond ne sera plus la proie des vautours


Mais enfin, elles ont mis la planète en l’air, on ne peut quand même pas ne rien faire !! (Parfois, on rajoute, bordel !) Voilà. On y est. Punir.

C’est légitime. Le problème 1/ c’est qu’on ne punit pas les coupables. C’est bien en France que l’on veut mettre en place une réforme bancaire ambitieuse, alors que les banques françaises, avec les canadiennes, ont été les plus résistantes. 2/on le fait au pire moment, alors que s’installe Bâle 3, et que, malhonnête ou pas, le secteur bancaire est quand même le seul moteur de financement de l’économie

La députée Karine Berger, rapporteur du projet de loi, dit qu'il ne s'agit pas de punir les banques mais "de les protéger contre elles-mêmes". C'est donc la phase d'infantilisation des agents économiques. Tout va bien

-Les anglos-saxons mettent en place des réformes ambitieuses.

Ben non, justement. Ils aboient fort, oui, comme les chiens de ferme. Parce qu’ils ont peur. Peur de leur opinion publique. Mais concrètement, rien. Il ne se passe rien.

-Les plus grand économistes, les plus grands banquiers soutiennent la réforme.

J'avoue que, de tous les arguments, c'est celui qui me plait le plus. Car ce sont bien ceux qui stigmatisent la pensée unique à longeur de journée qui nous disent maintenant qu'on ne peut pas avoir raison tout seul. 

Alors c’est quoi cette histoire ? Une posture. Rien d’autre qu’une posture.

Si elle était sans danger, pourquoi pas. Mais le risque c’est bien qu’elle affaiblisse encore un peu plus le secteur bancaire. Et ne vous faites aucune illusion, le secteur bancaire protègera d’abord sa rentabilité, à tout prix, et ses actionnaires. C’est bien sur le client final, l’entreprise, que retombera cette histoire. On voit d’ailleurs que la commission européenne commence à s’en inquiéter. Il serait temps. En France, on commence quand ?

 

Commenter cet article

windows 10 reviewer 24/10/2014 14:39

It was an informative session regarding the term 'cut in half' in French banks. As we were in to banking sector, knowing such new terms will really help in the future. Thanks for sharing. Hopw you will come again with such new terms.

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